Empowerment… Et si le chien avait le choix ?

Empowerment… Et si le chien avait le choix ?

Empowerment…

Et si le chien avait le choix ?

Se sentir libre d’avoir le choix et de décider de ce qui est bon pour soi, de répondre à ses besoins, de suivre ses envies, n’est-ce pas une chance ?

Ce pouvoir de décision s’applique à toutes les espèces…

Empowerment autonomie

QU’EST-CE QUE L’EMPOWERMENT ?

 

L’empowerment pourrait se traduire par le mot autonomisation en français.

Il porte deux aspects :

  • celui d’avoir du pouvoir pour agir (racine du mot « power » en anglais)
  • celui de la faculté développée par l’individu pour y accéder

Ainsi, la signification de ce mot est d’offrir au chien l’opportunité et la compétence d’avoir du choix, de prendre des décisions dans le but d’avoir du contrôle sur son environnement.

POURQUOI LE CHIEN DEVRAIT AVOIR LE CHOIX ?

 

Les faits

Depuis des générations, force est de constater que l’Homme prend les décisions et le chien doit obéir et s’adapter à ce qu’il lui impose.

En effet, l’Homme décide au quotidien :

  • de l’adoption du chien
  • du repas et des horaires de distribution
  • du nombre, des horaires et de la durée des sorties
  • des relations sociales inter et intraspécifiques
  • et bien d’autres choses…

Les bénéfices grâce au choix

Le chien peut lui aussi avoir la possibilité de choisir et de prendre ses propres décisions.

Ce gain d’autonomie va lui permettre de :

  • le stimuler physiquement et mentalement en lui proposant plusieurs opportunités
  • avoir confiance en lui en étant acteur face aux situations rencontrées
  • fournir un meilleur engagement durant les apprentissages et sessions d’entrainements
  • développer une capacité à prendre des décisions dans le futur
  • renforcer la relation qui le lie à son propriétaire grâce à cette nouvelle liberté
  • maintenir un état émotionnel essentiellement positif (réduction de la contrainte, du stress, de la peur et de leurs conséquences)

COMMENT DONNER DU CHOIX AU CHIEN ?

 

Empowerment et alimentation

Le propriétaire choisit un aliment en fonction des recommandations qu’il a pu avoir, de l’état de santé et des besoins spécifiques propres à son animal, etc. En ce qui concerne la distribution, certains chiens ont une gamelle à volonté, d’autres ont une gamelle répartie en un ou plusieurs repas. Cela est bien souvent établi en fonction des disponibilités du propriétaire.

Par contre, au niveau des récompenses, vous pouvez observer votre chien et vous apercevoir qu’il est beaucoup plus réceptif à certaines friandises par rapport à d’autres.

Lors des apprentissages par exemple, la valeur d’une friandise va se définir par son pouvoir de renforcement (répétition d’un comportement). Alors faites le test et vous verrez avec laquelle vous obtenez le plus de résultats !

Empowerment et zone de couchage

Il existe différents types de couchage, tant au niveau de la forme que de la matière. Observez la façon dont votre chien dort, ses préférences de position, les matières qu’il préfère. En hiver, le chien va préférer se blottir en boule dans un panier doux et chaud alors qu’en été il privilégiera de l’espace pour s’étendre de tout son long et se rafraîchir.

Il est tout à fait possible de lui mettre à disposition plusieurs couchages. Il pourra ainsi choisir son lieu de repos, au calme dans un coin ou plutôt près de vous.

De plus, si vous avez plusieurs chiens, cela leur permet également de choisir de dormir ensemble ou séparément.

Empowerment et activités

Certains propriétaires partagent simplement leur quotidien avec leur chien et d’autres veulent également partager des activités comme de l’agility, des expositions de beauté, du paddle, etc.

De plus, certaines races de chiens présentent des origines de travail. Répondre à cette demande sera essentielle afin que le chien garde un bon équilibre comportemental.

De ce fait, choisir une activité pour son chien dépend de l’envie du propriétaire mais aussi des besoins et des capacités du chien.

Dans le cas de l’agility par exemple, le chien peut prendre plaisir à passer les agrès lors des entrainements mais ne pas se sentir à l’aise sur un parcours en concours à cause de l’ambiance et de la pression liée à l’enjeu. Accepter que la compétition ne soit pas son truc n’empêchera pas le binôme de partager cette activité en tant que loisirs en club avec les copains.

Empowerment et balades

La balade est un moment important pour le chien. Outre l’intérêt hygiénique, elle lui permet une dépense physique et mentale. En balade, le chien va courir, renifler, suivre des pistes, jouer, faire des rencontres, etc. Ce sont tout autant de choses qui vont motiver le chien à vouloir sortir !

Alors comment la rendre la plus intéressante pour lui ? Car oui, c’est son moment à lui, donc le but est de le satisfaire et répondre à ses envies.

Par exemple en ville. Il est difficile de laisser son chien en liberté pour cause de sécurité. Marcher en grande longe peut être gênant pour les autres usagers. La marche au pied ne permettra pas au chien d’aller « où il veut » et vous risquez d’avoir mal au bras s’il vous tire à droite et à gauche. Dans ce cas, privilégiez une laisse de 3m et permettez lui de renifler son environnement. Car oui en ville, il y a plein d’odeurs que le chien va sentir, analyser et enregistrer dans sa mémoire. Alors oui, la balade sera saccadée par de multiples arrêts. C’est comme s’il recevait plusieurs SMS et qu’il prenait le temps de les lire ! Mais peu importe la distance parcourue, le chien aura eu la liberté d’occuper sa sortie comme il le souhaitait et se sera dépensé mentalement.

Mais alors comment offrir du choix en balade ?

Tout simplement en le laissant choisir sa balade ! Lui laisser des initiatives de directions et le laisser vaquer à ses occupations tout en étant sous contrôle et en sécurité.

Voici un exemple dans cette vidéo avec ma chienne Macha. Ce jour-là elle avait décidé de prendre sa balle avec elle. Passé le portail, elle a 3 choix de départ de balade qui se présentent. Je fais mine de prendre le chemin de gauche et l’incite à me suivre… sans succès, elle se stoppe et attend… Après mes demandes, à 0:25 min, elle m’indique bien la direction qu’elle souhaite prendre alors je capitule. Regardez comme aussitôt son enthousiasme se manifeste.

Qu’est-ce que cela change réellement pour moi ? Rien… Mais pour elle ça change tout car elle sait pourquoi elle veut faire cette balade, ce jour-là, à cet instant-là…

Empowerment et interactions sociales

Avec l’Homme :

L’Homme a tendance à considérer le chien comme une peluche gentille et pleine de tendresse. Oui ça peut être le cas, mais pas en permanence, pas de toutes les manières et pas avec tout le monde.

Par exemple, un chien qui s’approche ne cherche pas forcément à être caressé, il peut juste vouloir prendre une information de plus près. Proposez-lui votre main, et vous verrez bien s’il souhaite un réel contact ou pas.

De nombreuses morsures pourraient être évitées si les contacts avec le chien se faisaient dans le respect des signaux qu’il renvoie par son langage corporel. Un programme d’éducation et de prévention existe pour les enfants afin de les sensibiliser dès le plus jeune âge aux bons comportements face au chien. (PECCRAM dispensé par AnimOngi)

Avec les autres chiens :

Le chien est un animal sociable de nature. Sans entrer dans les détails sur cette partie car la variabilité du comportement de chaque chien va dépendre de plusieurs paramètres. Il faut prendre en compte la sociabilisation réalisée depuis son plus jeune âge, son historique positif ou négatif lors des précédentes rencontres, le mode de rencontre (en laisse ou en liberté), etc.

Alors si votre chien a un bon copain de balade, partagez un maximum des sorties ensemble.

Par contre si vous constatez que votre chien n’est pas à l’aise avec les rencontres, faites-vous aider par un professionnel pour lui offrir des sorties plus sereines.

Empowerment et éducation

L’Homme souhaite que le chien obéisse au doigt et à l’oeil.

Lorsqu’il s’agit d’une question de sécurité, il est essentiel que le chien puisse réagir et répondre favorablement à la demande de son propriétaire instantanément. Pour cela, l’observation de son animal accompagnée d’un apprentissage quotidien et respectueux sont primordiaux pour y parvenir.

Pour la notion de choix, je vais simplement illustrer cette partie avec un exemple que je constate quotidiennement dans mon travail d’Auxiliaire Vétérinaire.

Un propriétaire est en salle d’attente chez le vétérinaire. Il demande à son chien de s’assoir pour attendre. Le chien s’exécute, difficilement, puis se relève. Le propriétaire, avec un léger agacement qui s’accentue après plusieurs tentatives, lui demande à nouveau de s’assoir. Mais le chien finit par se relever.

Quand le propriétaire demande au chien de s’installer, que souhaite-il ? Que celui-ci reste calme. Alors pourquoi ne pas simplement lui laisser le choix de rester debout, et de récompenser régulièrement son calme par une friandise ? Ainsi, son besoin est pris en compte tout en créant une association positive à cette attente.

Il faut penser que cet environnement n’est pas forcément agréable pour le chien et ce dernier est généralement stressé. En lui imposant une position non souhaitée, cela lui ajoute de l’inconfort.

S’il est trop stressé pour prendre une friandise, il est possible d’installer son panier (ou plaid plus facilement transportable). Ayant ainsi un repère connu, il tiendra plus facilement en place et dans la posture qu’il souhaite.

Grâce à ces aménagements, le chien proposera peut-être de lui-même un « assis » ou « couché » les fois prochaines…

Si le chien n’écoute pas, ce n’est pas pour faire de la rébellion ou pour se venger. Il est tout simplement en train de satisfaire son propre besoin, ou de réagir en fonction d’une émotion ressentie (positive ou négative).

Empowerment lors des soins et manipulations

Comme vous le savez, les soins d’entretien et médicaux ne sont pas forcément une partie de plaisir pour le chien.

C’est pourquoi, il est tout à fait possible de lui donner l’opportunité de dire « Stop », « Je suis prêt », « C’est trop dur », « J’ai besoin d’une pause ».

Donner ce choix-là à votre chien le rendra plus volontaire lors des entrainements.

Retrouvez plus de détails dans mon article « Comment soigner son chien facilement ? » ou initiez-vous grâce à mon programme de « Soins Coopératifs ».

Conclusion

 

Sans le moindre effort de votre part, vous pouvez contribuer à améliorer le bien-être de votre chien en lui offrant de nouvelles opportunités dans son quotidien.

Prenez juste le temps de l’observer, de voir ses préférences, et dans la mesure du possible, permettez-lui de prendre ses propres décisions.

Offrir un pouvoir de décision à votre chien

ne changera pas votre quotidien

mais améliorera considérablement le sien.

Les 5 principes du Bien-Être Animal

Les 5 principes du Bien-Être Animal

Les 5 principes du Bien-Être Animal

Un animal en état de bien-être est un animal qui se sent bien sur les plans physique et mental.

Ces 5 principes, aussi appelés « libertés », sont des fondamentaux communs à toutes les espèces.

PRINCIPE n° 1 :

Absence de faim et de soif

L’animal ne souffre ni d’absence de nourriture, ni de malnutrition, ni d’absence d’eau.

Il dispose d’un régime alimentaire répondant à ses besoins, en quantité suffisante, favorisant ainsi le bon fonctionnement de son organisme.

Il a accès à une eau fraîche et potable en permanence.

PRINCIPE n°2 :

Absence d’inconfort physique

L’animal ne souffre d’aucun stress physique et thermique.

Il dispose d’une zone de repos confortable (ex. panier du chien).

Il a la possibilité de se réfugier dans un espace lui permettant de se protéger des intempéries (ex. abri), du froid (ex. habitat intérieur) ou des fortes chaleurs (ex. ombre).

PRINCIPE N°3 :

Absence de douleur, de maladie ou de blessure

L’animal ne souffre d’aucune douleur, de maladie ou de lésions corporelles.

Il bénéficie de mesures préventives le protégeant contre diverses pathologies.

Si sa santé le nécessite, un diagnostic médical est établi rapidement afin de mettre en place les soins et les traitements utiles à sa guérison dans les meilleurs délais.

PRINCIPE n°4 :

Expression de comportements normaux

L’animal a la possibilité d’exprimer des comportements propres à son espèce.

Il évolue dans un espace suffisant et dans un cadre de vie approprié à ses besoins (ex. sorties régulières du chien)

Il profite de contacts sociaux avec ses congénères ou de relations interspécifiques (ex. le chien et l’Homme)

PRINCIPE n°5 :

Absence de peur, d’anxiété ou de détresse

L’animal ne connaît ni peur, ni stress pouvant altérer son état psychologique.

Il préserve son mental de toutes les émotions négatives.

Le Bien-Être Animal est garanti par la combinaison de ces 5 principes fondamentaux.

Comment définir le Bien-Être Animal ?

Comment définir le Bien-Être Animal ?

Comment définir le Bien-Être Animal ?

DÉFINITION (Anses, 2018)

« Le bien-être d’un animal est l’état mental et physique positif lié à la satisfaction de ses besoins physiologiques et comportementaux, ainsi que de ses attentes.

Cet état varie en fonction de la perception de la situation par l’animal. »

Introduction

Contexte

Depuis des millénaires, l’Homme partage son environnement avec les animaux. La domestication de certaines espèces implique une nécessité pour celles-ci de s’adapter à des conditions de vie imposées.

L’animal est donc en capacité de se représenter mentalement son environnement dans le but de s’acclimater au mieux. En fonction du succès ou de l’échec de ses tentatives d’adaptation, l’animal exprime des comportements qui démontrent sa sensibilité.

Pourtant longtemps considéré comme étant un objet au niveau règlementaire, le statut de l’animal a évolué grâce à de nombreuses influences scientifiques et morales.

Depuis 2015, le code civil a inscrit une loi reconnaissant l’animal comme un « être vivant doté de sensibilité ».

Définition du bien-être animal

Le concept du Bien-Être Animal

L’Agence Nationale de Sécurité propose une définition du bien-être animal basée sur des réflexions scientifiques reposant sur les caractéristiques psychiques des animaux. (Anses 2018)

« Le bien-être d’un animal est l’état mental et physique positif lié à la satisfaction de ses besoins physiologiques et comportementaux, ainsi que de ses attentes. Cet état varie en fonction de la perception de la situation par l’animal. »

Ainsi, au delà de l’aspect physique, le concept de bien-être s’applique à la dimension mentale du ressenti de l’animal dans son environnement. Il se détermine pour un individu particulier dans un environnement donné. Effectivement, le contexte de vie impacte différemment un individu par rapport à un autre, bien qu’ils soient de la même espèce.

Les notions autour du Bien-être Animal

  • Besoin : un besoin est une exigence de vie liée à un maintien de l’état physiologique (faim, soif, température, etc) et un maintien de la motivation comportementale (exploration, interaction, etc)
  • Attente : une attente est une anticipation d’un évènement déjà vécu ayant généré une émotion positive ou négative
  • Bientraitance : la bientraitance est une obligation de moyen mis en place par l’Homme visant à satisfaire les besoins physiques et comportementaux propres à chaque espèce
  • Bienveillance : la bienveillance est un état d’esprit, une intention visant à signifier un respect et une prise en compte des besoins de l’animal

La bienveillance est nécessaire à la bientraitance. Cependant, ces 2 volontés ne garantissent pas le bien-être de l’animal.

En effet, l’Homme agit en fonction de ses apprentissages, de ses idées et de ses ressentis. C’est pourquoi, en raison d’une méconnaissance des besoins de son animal, ce dernier peut subir des maltraitances involontaires occasionnées par son propriétaire.

De ce fait, seul le ressenti de l’animal permet de s’assurer de son bien-être.

Évaluation du bien-être animal 

Approche multidimensionnelle

L’Organisation mondiale de la santé animale fait référence à 5 principes qui doivent tous être évalués positivement afin de garantir le bien-être de l’animal (FAWC 1992).

C’est à dire que l’Homme doit lui offrir ces 5 libertés :

  • absence de faim et de soif
  • absence d’inconfort physique
  • absence de douleur, de maladie, de blessure
  • liberté d’expression de comportement normaux
  • absence de peur, d’anxiété ou de détresse

Approches scientifiques

L’éthologie est une science qui étudie, analyse, interprète et répertorie les comportements propres à chaque espèce. Cette observation s’effectue dans le milieu naturel de l’animal pour ensuite permettre une meilleure compréhension de son comportement dans un milieu domestique.

De ce fait, une connaissance approfondie de la biologie de l’espèce et de son comportement est primordiale. Des experts ont élaboré des grilles et des outils spécifiques afin de recueillir des informations permettant d’émettre un jugement objectif sur les observations effectuées.

Adaptation de l’animal

Plusieurs facteurs entrent en compte dans la capacité de l’animal à s’adapter à son environnement. Cette capacité dépend de ses facteurs génétiques (ex. la race, la lignée), du tempérament de l’individu en lui-même et de ses expériences au cours de son développement (ex. socialisation absente ou présente)

Selon le modèle de Fraser ci-dessous, l’évolution du sentiment de bien-être pour l’animal varie selon les circonstances environnementales.

  • État de bien-être : habitat dans un environnement proche de la niche écologique de l’espèce
  • Coping : concept du « je fais avec » basé sur une capacité d’adaptation acquise au cours de la domestication
  • État de mal-être : habitat dans un milieu de vie pauvre ou à l’opposé des besoins physiques et comportementaux de l’animal
Fraser 1997 Bien-être animal

On constate ainsi que plus l’animal est placé dans un environnement proche de son milieu naturel, plus son bien-être est assuré.

Cependant, dès lors que son milieu naturel subit des modifications, sa seule possiblité pour survivre est de s’adapter à son nouvel espace de vie, à condition qu’il en détienne les capacités (domestication, génétique, expérience).

De ce fait, plus son environnement est modifié, plus l’animal bascule dans un état de mal-être car ses besoins ne sont aucunement satisfaits.

Conclusion

Afin de répondre aux besoins physiologiques, sanitaires et comportementaux de l’animal, il est important d’être capable de reconnaitre et d’interpréter les signes qui traduisent un état mental positif ou négatif de l’animal.

Dès lors que l’on se base sur le point de vue de l’animal, il est possible d’intervenir en restructurant et en améliorant les conditions de vie de celui-ci dans le but de lui offrir un cadre adapté.

L’Homme ne doit plus essayer d’adapter l’animal au milieu qui lui est imposé mais plutôt adapter l’environnement pour répondre aux besoins de l’animal.